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La pluridisciplinarité des problématiques transversales en deux parties deux sous-parties

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fu-yu

Description :

Les joies de la vie d'une étudiante.

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  • Episode final : en route pour la galère
  • Episode #30 : J'attends toujours
    Pour compenser cette longue absence, voici qu...
  • Episode #29 : 500 milliards de petits martiens, et moi et moi et moi, comme un con de parisien, j'attends mon chèque de fin de mois
  • Episode #28 : Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter çaaaa !

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Episode final : en route pour la galère

Bien le bonjour tout-le-monde-s'il-y-a-quelqu'un,
 

Désolée de ne pas avoir eu le temps de pondre un final digne de ce nom (ego, pardonne-moi). Juste pour vous dire que je suis arrivée au Japon, que je suis bien installée, et que maintenant, si vous voulez suivre mes aventures, c'est ici :
 
 
http://shakoto.blogspot.com
 
 
Et ça s'annonce awesome.
 
 
Sur ce, je vous laisse, je pars à l'assaut de Shibuya. Seule. Au bout du monde. Libre. En espérant ne pas défaillir de joie.

Episode final : en route pour la galère
 
A bientôt tout le monde ;)

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#Posté le vendredi 02 septembre 2011 21:03

Episode #30 : J'attends toujours

Pour compenser cette longue absence, voici quelques perles des profs tout à fait exclusives retrouvées dans ma paperasserie virtuelle !


Prof : En Suisse, il y eut une initiative populaire intitulée « Pour moins de dépenses militaires et davantage de politique de paix »...
Moi : Tiens, ça existe les dépenses militaires en Suisse ?
Mélodie : Ouais, les gardes suisses qui protègent le Pape...


- Pour que l'initiative soit valable, il faut respecter l'"exécutabilité"... Je ne sais pas si c'est français comme mot, en tout cas c'est suisse.


- On dit que ce sont les stratèges de la Maison-Blanche qui ont imaginé ce................. hm... ce... cette... bon, disons cette stratégie...


- L'électeur rentre dans l'urne... euh, dans l'isoloir !


- C'est par cette technique que Schwarzenegger a gouverné la Californie pendant...
Mélodie : Oh non, pas ce nom !
Moi : Tu veux que je te l'épelle ?
Mélodie : Laisse tomber, j'vais mettre Terminator.


- Aujourd'hui, il n'existe pas d'obligations qui interdiraient les Etats d'entretenir des obligations interdisant d'entretenir des relations avec d'autres Etats.


- Il y a une différence entre les travailleurs salariés et ceux qui possèdent le capital et le font fructifier avec le travail des autres. Aujourd'hui, on n'a plus cette opposition, les prolétaires de la société industrielle sont les cadres moyens-supérieurs stressés : ils se sentent obligés de faire ce qu'ils font mais se dégoûtent de ce qu'ils font au point d'être stressés. C'est le stress ontologique, le cadre a conscience de ne pas s'épanouir ; les entreprises elles-mêmes, dans leur gestion contemporaine des ressources humaines, ont compris que ce n'est plus une question d'argent ou de salaire, car même en achetant le cadre il est toujours stressé ! Alors on lui fait faire du saut à l'élastique ou des voyages pour l'aider à s'épanouir, on l'envoie à la découverte de la diversité du monde, on l'envoie pas en vacances mais faire des stages, d'où le développement du coaching...
*un élève lève la main*
- Je vous laisserai la parole après, je suis bien inspiré là ! Le coach c'est le type qui nous aide à faire l'expérience de notre vie...


N'empêche, c'était une belle bande de tarés.
Ils me manqueraient presque, tiens.




Dans un mois tout pile, je suis dans l'avion.


En attendant, je suis devenue la maman de mon service au boulot. Je monte des meubles, répare des frigos, fais la cuisine, dépanne des photocopieuses, vais faire des commissions, prête des affaires, donne des cours d'informatique et fais la psy à mes heures perdues, le tout en traitant entre une fois et demie et deux fois plus de dossiers que mes collègues. J'ai déjà eu trois propositions de CDI et ils m'ont avoué qu'ils devraient embaucher deux personnes quand je partirai. Malheureusement, c'est pas pour autant qu'ils vont me payer double. En tout cas, mon feeling avec Ikéa m'a déjà apporté deux ennemis, deux jeunes de 22-23 ans, qui ne comprennent pas qu'une fille sache mieux s'y prendre qu'eux. Mesdames, le féminisme paraît aujourd'hui ringard, mais je vous jure sur toutes les horreurs que j'entends au bureau qu'on n'est pas sorties de l'auberge.


En attendant, j'arpente régulièrement le Marais avec mes nouvelles copines rencontrées à la gay pride en me soustrayant à leurs tentatives de viol les soirs d'ivresse ; eh bah c'est de l'arnaque, parce qu'on m'a jamais autant abordée que le soir où on était dans une boîte gay. J'ai bien dit gay. GAY, bordel ! Messieurs, si vos établissements ne font même plus office de refuge pour nous, on va se fâcher. Quand tu discutes avec des gens là-bas, la même question revient toujours dans la conversation : "et toi, t'es quoi ?". Au début t'as l'air con, après tu saisis que "quoi" désigne ton orientation. Je suis un peu déçue de voir que même là-bas, personne ne comprend quand je réponds "je suis rien", et qu'ils m'interrogent jusqu'à fièrement me placer dans une case, de leur propre aveu. L'humanité déteste vraiment l'incertitude.


En attendant, je m'essaye à une activité qui me pose bien des tracas : le shopping. Après un sonore "je ne te laisserai pas représenter la France à l'étranger avec des fringues pareilles" de la part ma génitrice, me voilà à arpenter les couloirs de la Défense à la recherche d'oripeaux socialement convenables. D'autant plus que ma future fac nippone est du genre protestante à tendance stricte. Adieu Dr Martens à pompons rose, cheveux rouges et noirs et bustiers sur la chemise, me voilà sapée comme un cliché de parisienne, featuring tailleur et talons. Et puis, c'est plus convenable quand on travaille en entreprise. M'en fous, quand j'aurai diplôme, expérience et vrai poste, je ferai ma Aby au bureau, et personne n'y trouvera à redire.


En attendant, je travaille mon endurance, car il va falloir s'accrocher : l'avion décolle le 31 août vers les 13h ; j'en ai pour 12h de vol, j'arrive à Narita vers 8h du matin, j'attends jusqu'à 15h la navette qui nous amène au campus, j'ai la soirée pour m'installer et dès le lendemain matin on commence le bordel administratif avec inscriptions et tout le tralala. Mon record actuel est de 80 heures sans dormir, pendant une semaine de cours ; je sens qu'il va pas tarder à être battu. Je comprends pourquoi ils me parlaient, dans leur documentation, de "survive the initial settling-in period".


En attendant, l'été revient pour quelques jours. Fini les parapluies transportés en scred dans le sac à main, la chasse aux bottes d'hiver planquées au fond des placards, ou le trench-coat coincé dans les roulettes du siège de bureau. J'apprécie que le ciel m'ait gentiment donné un avant-goût de l'automne français que je ne vivrai pas, mais bon sang, s'il pouvait faire CHAUD, un peu, ce serait pas de refus. Parce que le triple-pull et le café brûlant le soir sous mes combles tout au long de juillet, ça craint grave.


En attendant, la terre de Tokyo a encore tremblé. Ça promet.
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#Posté le dimanche 31 juillet 2011 07:15

Modifié le dimanche 31 juillet 2011 08:57

Episode #29 : 500 milliards de petits martiens, et moi et moi et moi, comme un con de parisien, j'attends mon chèque de fin de mois

Episode #29 : 500 milliards de petits martiens, et moi et moi et moi, comme un con de parisien, j'attends mon chèque de fin de moisAprès un mois de vacances pendant lequel je me suis levée tôt tous les jours, ai révisé et passé deux examens, travaillé le japonais tous les jours et passé des heures à envoyer des dizaines de CVs pendant lequel "on" m'a copieusement accusée de rien foutre, me revoilà sur le pont, comptant parmi la France qui se lève tôt. Pour juillet, je me suis dégoté un petit intérim pas si aux-petits-oignons que ça, et ça s'annonce d'ores et déjà trépidifiant.


Déjà, étant l'avatar de la Chance, je travaille à Clichy. Ça ne vous dit rien ? Mais si voyons ! Clichy, Clichy-sous-Bois, les deux jeunes rôtis dans un transformateur, les émeutes de 2005, la ghettoïsation des banlieues, la violence urbaine, toussa toussa. Résultat, dès le deuxième jour, après avoir croisé la route d'un groupe de futurs DSK, l'un d'eux m'a suivie et collée pendant 200 mètres jusqu'à ce que je le menace d'appeler les flics s'il faisait un pas de plus dans ma direction. Moi qui me réjouissais de voir autre chose que mon bled, j'hésite sur quelle partie du corps me faire tatouer "owned".


Je travaille donc comme intérimaire chez [biiiiip], et celui qui a dit que les intérimaires sont des branleurs peut aller se faire mettre sur le canon d'un tank. Autant les employeurs peuvent parfois culpabiliser d'exploiter les stagiaires, ceux-ci n'étant pas payés, autant ils n'ont aucune pitié avec les intérimaires, puisque nous aurons une fiche de paye et un trimestre de retraite à la fin du mois (bon, ma génération n'aura pas de retraite, mais faisons comme si). C'est donc relativement physique. En gros, on est huit dans le même bureau, et les sept autres sont susceptibles de me déléguer leur boulot en plus du mien. Autant dire que je ne chôme pas.
 
 
Pourtant y'a bien la neuvième, arrivée un jour après moi, qui, du haut de ses 23 ans, de son bac+3, de son expérience dans des banques et de son CDI fraîchement signé ici, se forme actuellement à son job en me soulageant un peu dans mes tâches quotidiennes avant que je ne me suicide par décapitation en claquant le bac de la photocopieuse après y avoir mis ma tête. Oui mais mademoiselle ne peut pas rester au bureau après 17 heures, parce que "Après c'est trop tard et c'est la galère pour les trains" - "Ah bon, tu n'as plus de trains après ? A quelle heure est le dernier ?" - "Non, c'est pas ça... Mais si je pars plus tard, les trains sont bondés, il n'y a pas de place assise, et il fait trop chaud... En plus, mes parents sont en vacances donc le chien est seul à la maison et je peux pas le laisser trop longtemps...". Ah. Ok. Dis donc, on va bien s'entendre, toi et moi. Enfin, au moins, le jour où je contrôlerai le monde, elle me fera pas concurrence, c'est clair.
 
 
Donc me revoilà première levée de la maisonnée, affrontant chaque matin bus, métro et RER (oui, les trois) en hauts talons et chemise, parce qu'on a du standing dans la boîte, hein, c'est pas parce qu'on fait des tâches ingrates qu'il faut tacher le décor. J'ai même dû sacrifier mes cheveux rouges et noirs pour revenir au naturel avant de venir, car visiblement la teinture affecte le cerveau en-dessous. Ces gens n'ont aucune imagination.
 
 
Survivre ou mourir, saurai-je m'adapter à cet environnement ? Au passage du métro à 40°C aux bureaux surclimatisés où je me les gèle ? Au restaurant d'entreprise hors de (mes) prix et plein de viande ? Aux troupeaux de dalleux sexuels qui hantent les rues en fin de journée ? Ou mon naturel reprendra-t-il le dessus sur la working girl trop impeccable pour être honnête ? Je ne sais pas, mais une chose est sûre : si y'a une grève de transports, je fais un attentat, car si toi pas venir, toi pas payée. Alors gare aux concernés !
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#Posté le mardi 05 juillet 2011 16:03

Modifié le mardi 05 juillet 2011 16:28

Episode #28 : Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter çaaaa !

Bon. Désolée, mais là, on a atteint le point de non-retour.


Je pensais déjà faire un bel all-kill en allant dans un pays :
- A l'autre bout du monde
- Insulaire
- Peuplé de xénophobes et de sexistes
- Avec un alphabet différent du mien
- Où quasiment personne ne parle anglais
- En zone sismique active
- Dans une ville au bord de la mer en zone de tsunamis et tempêtes
- Irradié en puissance il y a quelques mois à peine
- Dans une fac où je serai la seule française
- Dans la capitale la plus chère du monde





Un challenge à ma hauteur, quoi (ahem). Je me disais que la difficulté du truc était assez élevée pour que ça suffise. Histoire qu'on aie pas besoin d'en rajouter, vous voyez. Et aussi histoire que certains ne m'accusent pas de partir en vacances ou de me la couler douce. Là, les choses paraissent relativement incontestables : je vais en chier, c'est clair. Et ça me convient, j'ai signé pour. Pourquoi j'en parle si c'est évident ?


Parce que franchement, sérieusement, sincèrement, ettoutcequevousvoulezquifinitparent, c'était déjà assez violent comme ça pour que certains ne se sentent pas obligés d'en rajouter en nommant cette tanche de David Douillet secrétaire d'Etat des français à l'étranger !


Non mais sérieusement, c'est une insulte, une offense, une humiliation ! Quand je pense que les ambassades qui vont gérer ma vie seront plus ou moins sous ses instructions, ça me fait faire de l'hypertension d'avance. Un rappel sur ce qu'est Douillet ? Machiste, mysogine, homophobe, hétérosexiste, rétrograde, conservateur, traditionnaliste et liberticide, il aligne les records ailleurs que sur le tatami apparemment. Vous ne croyez toujours pas que c'est un con ? Vous savez ce qu'il a dit ce matin à propos de sa nomination ? "On peut surtout avoir acquis un certain nombre de qualités qu'on peut mettre dans tous les domaines possibles et inimaginaux". Non mais INIMAGINAUX quoi !


Bon, je me disais déjà que ça n'allait peut-être pas être tous les jours facile d'assumer la France ; je me console en imaginant le fou rire dans les ambassades quand ils ont appris cette affligeante nouvelle, mais franchement, félicitations à celui qui a décidé de cette nomination : il a définitivement réussi à me faire honte de venir de ce pays avant même que j'en sois partie.





De la part d'unE ex-judoka, qui est tout
autant "naturelle" que ce gros con !



Episode #28 : Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter çaaaa !
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#Posté le jeudi 30 juin 2011 09:51

Modifié le jeudi 30 juin 2011 10:48

Episode #27 : Martine fait sa première Gay pride

Episode #27 : Martine fait sa première Gay pride



Hier à Paris city, c'était le grand bazar multicolore qu'on va appeler la Marche des Fiertés pour ne pas contrevenir à la loi Toubon. Et pour la première fois, j'ai ressenti comme une espèce de besoin d'aller y mettre les pieds, pour être en harmonie avec moi-même et mes convictions politiques. Parce que tous les jours des homos se font agresser, parce que les députés ont encore refusé l'égalité des droits la semaine dernière tout en se réclamant à corps et à cri d'une République à laquelle ils ne comprennent plus rien, parce que les propos homophobes envahissent jusqu'à cette maison et me donnent envie de hurler.


A la base, la Marche, c'est deux choses : une fête et une manifestation politique. Une fête parce qu'on chante, on danse dans les rues, et on croise des cowboys à chapeau rose, des indiens aux trois quarts à poil et des gogo dancers en slip multicolore sur les chars. Une manifestation politique parce qu'on a chanté l'Hymne national, parce qu'on a réclamé l'égalité des droits, parce qu'il y a des discours frisant l'anarcho-marxisme-post-Commune. Moi, je l'ai ressenti comme une vengeance. A tous ceux qui nient l'existence des LGBT, qui les traitent comme des citoyens de seconde zone, qui leur accordent le droit de vivre à la seule condition qu'ils subissent tout sans un mot, eh bien les voilà à danser sur Born this way sous vos fenêtres, à s'embrasser devant vos enfants, à faire la fête dans une rue où personne ne peut leur refuser l'entrée. J'avais jamais autant eu la sensation de faire chier quelqu'un (et pourtant Dieu sait si je m'y connais). Et c'était génial.


Surtout, ça fait un bien fou de voir, même si on n'a aucun doute à ce sujet, le nombre de gens à l'apparence banale qui sont là, tous ces couples ordinaires qui marchent en se tenant la main, ces Monsieur et Madame Tout-le-monde et leur bien-aimé(e) qui leur ferme des portes alors qu'il ne devrait qu'en ouvrir. Ces deux hommes trentenaires en chemisette bien proprette qui ont les yeux comme Roméo et Juliette quand ils se regardent, ces deux parisiennes cinquantenaires en tailleur qui se prennent à faire quelques pas de danse et éclatent de rire comme des gamines, et moi qui discute droits de l'homme et philanthropie avec un homme en tablier de cuir, chaussures caterpillar et accessoires SM. Tout va bien. Et pour de vrai.


L'an prochain, je serai au pays du Soleil-Levant, mais si quand je reviens, on n'a toujours pas donné les mêmes droits aux couples homosexuels qu'hétérosexuels (appelez ça comme vous voulez, mariage, union, PACs amélioré, du moment que c'est le même arsenal législatif derrière), je promets qu'à l'édition 2013 j'irai défiler en robe de mariée. Parce qu'on le vaut bien.
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#Posté le dimanche 26 juin 2011 03:27

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